27 mars 2008
le costume de l'artisane.
A Cavaillon, comme partout dans le Comtat Vemnaissin, l'artisane est une citadine, son mari exerce une profession manuelle : l'artisan.
Elle porte des étoffes choisies en fonction de la richesse de son époux ou de son père. En cotonnade, pour l'été, en lainage pour l'hiver. Les imprimés sont à petits motifs : rayures, semis, petites raies mais aussi en indienne d'Orange ou d'Avignon. Les plus riches mais aussi les mariées pouvaient porter des robes en soie.
Sa tenue est essentiellement composée :
* des mêmes piéces que la paysanne chemise, jupon... mais dans des tissus moins grossiers que pour celle-ci.
* Une robe longue (10 à 15 cm au dessus du niveau du sol ), à fond large (cela donne une allure "gonflée") avec des emmanchures différentes suivant la mode :
en 1834, les manches sont dites gigot comme sur ce modèle :

Sur cette photo, nous avons une de nos danseuses qui porte une robe à grande bouffantes de 1836

Sur cette photo, nos danseuses portent une robe avec des emmanchures à la mode en 1843 :

Notre groupe posséde des tenues d'artisanes relatives à des époques différentes, comme nous le montre cette photographie : 
Par dessus la robe, on positionne un fichu d'indienne, de mousseline ou de tulle.
14 mars 2008
le costume de la paysanne.
Voici une tenue de paysanne prise au magasin drapier de Pernes les fontaines, nous constatons que le fichu est inséré dans le corset: 
Sur cette deuxième photo on peut voir la tenue d'une de nos danseuses

Notre danseuse porte :
* Une chemise ( la camiso) celle-ci est souvent à coulisses : l'encolure évasée est resséré par une attache fine. On utilise comme tissu pour le corps des toiles de lin ou de coton pour les manches une matiére plus fine pour avoir plus de confort.
détail d'une chemise à coulisse
* Un jupon blanc de dessous ( lou coutihoun de dessouto)
, on peut appercevoir sur ce détail de nombreux petits plis qui avaient une raison esthétique mais aussi pratique. En décousant les plis, le vétement pouvait s'allonger au fur et à mesure que sa propriétaire grandissait.
Le jupon blanc à dentelle n'est pas un jupon de travail. Il est réservé pour les grandes occasions. De nombreuses jeunes femmes ne l'avaient pas dans leur trousseau. Le panti n'est pas toujours présent dans la tenue des comtadines, on le retrouve dans certains inventaires notariaux, à Valréas et à Cavaillon. Il ne doit pas dépasser du jupon de dessous cela serait indécent !
* Une jupe de travail à carreaux
* Une sur-jupe rayée.
* Un corset blanc. Par dessus est positionné le fichu.
* Un fichu : 
C'est un carré de 65 à 110 cm de côté, suivant la richesse de celle qui le porte, il peut être en coton imprimé, en mousseline ou en tulle brodé.
Le fichu est plié dans la diagonale du carré. La pointe est placée juste au dessus de la taille bien au milieu. Trois plis sont formés.
Ils sont retenus par une épingle au niveau du corset. Si le fichu est long ,on mets les pointes dans la jupe si celui-ci est plus court , les pointes sont rentrées dans le décolleté du corset. Les épaules ne doivent pas être entravées par le fichu.
Sur ce modèle le fichu est croisé puis glissé dans la jupe.

On constate un écart entre les deux costumes car notre danseuse est endimanché, c'est à dire qu'elle porte la tenue réservée aux jours de fête.

13 mars 2008
le jupon , jupe et jupon piqué.
Ces piéces de costumes sont en cours de réalisation , nous ne possédons pas pour l'instant de photos afin de les illustrer.
Le jupon de dessous , les coquettes portent plusieurs jupons, celui qui se trouve sur le dessus est souvent le plus beau, sert à protéger du froid en hiver et de la chaleur en été. Pour cela les matières qui le compose s'adapte en fonction des saisons : tissus épais tel que le piqué gaufré, coton gratté... pour l'hiver ; percale, toile fine pour l'été.
Les paysannes portaient des jupons en siamoise rayée, bleu, rouge, blanc. Elle s'en servait pour le travail aux champs.
La jupe d'indienne est dans un tissu léger ( plus rustique pour les paysannes) agréable à l'oeil, sa ceinture est faite par un montage à plis canons ( ces plis permettent de réduire l'ampleur du tissu comme on le ferait aujourd'hui avec un élastique ou du ruban fronceur).
Pour les artisanes, la jupe est plus longue : 10 à 15 cm du sol. Pour les paysannes elle se porte à 20 cm du sol.
Le jupon piqué, de nos jours nous parlerions de jupon matelassé. Ce jupon a moins d'ampleur que la jupe d'indienne mais il est monté de la même façon. Il se porte à 20 cm du sol. par économie, le dessous du jupon peut être composé d'un assemblage de chute de tissu ( patchwork ). À la base du jupon, on trouve un ruban de velours ou de sergé de coton afin d'éviter l'usure du tissu.
En hiver, ce jupon pouvait être porté sous la robe.
11 mars 2008
les indiennes
Nos costumes sont principalement réalisés dans un tissu de manufacture récente apellé indienne. C' était un tissu peint ou imprimé fabriqué en Europe entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. En France les principales manufactures d'Indiennes se trouvèrent à Marseille ainsi qu'à Nantes, Mulhouse, Jouy-en-Josas, Orange...
Ces tissus sont généralement dans les tons de rouge à cause de la plante utilisée pour sa teinture : la garance dont on utilise la racine ou de bleu avec pour base l'indigo.
Ces étoffes doivent leur nom du fait qu'elles étaient initialement importées des comptoirs des Indes. Ces toiles peintes, Indiennes ou Perses, répondant aux nom de madras, pékin, gougourans, damas ou cirsacs étaient strictement interdites à l'importation à partir du XVIIe siècle.
Par la suite, les marseillais se mirent à produire eux-même ces tissus qui prirent alors le nom d'indiennes de Marseille. Le même phénomène est perceptible en Suisse, où Glaris développe des indiennes réputées, de même que Genève ou Neuchâtel.
Les costumes des grangiéres ou bastidanne sont quant à eux réalisés dans des taffetas ou de la soie.
Voici des exemples d'indienne photographiées au Musée de l'Hotel de Sade à Saint Rèmy de Provence.
Dans ce même musée nous pouvons appercevoir des piéces de costumes du XVIII ème siécle et du XIX ème siècle :
Cape à la polonaise : cette cape est réalisée dans une indienne sombre qui a un plissée fin qui entoure entiérement la cape et le capuchon.



Gilet d'homme de style restauration réalisé en soie









